Coopacou

MENU

Soigner les acouphènes:
DIAGNOSTIC ET SOLUTIONS
Coopacou > Acouphène > Soigner les acouphènes > Prothèses auditives

ACOUPHÈNES

Prothèses auditives

Rôle de l’audioprothésiste et méthode « Lefeuvre »

Il n'existe pas de méthode de prise en charge unique pour tout le monde. Chaque personne a un acouphène différent, une audition différente et un état émotionnel différent. La prise en charge audioprothétique des acouphènes devra donc être personnalisée : à chacun son réglage et à chacun sa solution.

En raison de l'intervention majeure du système limbique sur la lésion périphérique, l'audioprothésiste doit avoir une démarche globale dans la prise en charge des patients acouphéniques.

La méthode « Lefeuvre » est une méthode de prise en charge des patients acouphéniques regroupant un ensemble de moyens personnalisés utilisés pour chaque patient, associée à de nouvelles mesures physiques. Cette méthodologie est personnalisée et unique pour chaque patient, car chaque acouphène est unique. Elle se réalise au sein d'une équipe pluridisciplinaire, afin de prendre en charge le patient acouphénique dans sa globalité. Elle s'appuie notamment sur la technique IPAL avec correction ou/et avec bruit coloré.

La technique IPAL (Lefeuvre-Coopacou)  est une technique basée sur l'observation suivante : une stimulation à la fréquence de coupure haute et basse de l'acouphène permet de masquer sa perception. Cela pourrait être lié aux principes de ligne occupée (Paul Avan) expliquant que la stimulation autour de l'acouphène occupe les voies auditives efférentes utilisées par ce dernier, l'empêchant alors de remonter jusqu'au cortex auditif supérieur.

La méthodologie de prise en charge des acouphènes développée par les centres d'audition Lefeuvre est bien précise et spécifique. Elle s'appuie notamment sur une expertise et un savoir-faire audioprothétique sur un  très grand nombre de patients. 

Elle se décompose en un examen clinique basé sur une acouphénométrie HD et en hautes fréquences. Celui-ci va permettre de choisir la technique audioprothétique adaptée pour chaque patient.

En cas d'hyperacousie associée, une prise en charge audioprothétique sera progressive et contrôlée.

Correction auditive

Surdité apparente

Il ne faut pas oublier que la surdité est à l’origine de l’acouphène. Il faut donc impérativement prendre en charge cette perte auditive par le biais d’une correction.

Dans le cas d'une perte d'audition associée, une stimulation sonore correcte par un appareillage auditif adapté permet de diminuer la perception des acouphènes. Une stimulation du cortex auditif dans les zones de la perte auditive et donc de l'acouphène permettrait de palier à la diminution des entrées auditives à l'origine de l'acouphène.

Mais cette correction doit être en effet adaptée. L’expérience de l’audioprothésiste permettra d’ajuster précisément les aides auditives de dernières technologies pour comprimer les signaux d’entrée et ne jamais atteindre le seuil d’inconfort du patient.

Il est souvent nécessaire de réaliser une correction IPAL chez un patient acouphénique avec une perte auditive apparente.

D’autre part, les réducteurs de bruit de ces appareils sont aujourd’hui très efficaces et permettent une nette amélioration du rapport signal sur bruit.

Surdité non apparente

Concernant les patients sans surdité apparente, nos études montrent que 80 % des patients acouphéniques, avec sifflement, sans perte auditive apparente ont des micro-pertes auditives correspondant à des micro-lésions des cellules de l’oreille interne. Ces micro-pertes ne sont décelables que par une audiométrie haute définition et réalisée par un audioprothésiste expérimenté.

Ces pertes auditives extrêmement légères ou micro-pertes n’engendrent pas nécessairement de gêne sociale d’un point de vue de la compréhension de la parole, mais sont à l’origine de l’acouphène. Il est donc indispensable de corriger ces pertes dans la prise en charge du patient acouphénique.

Bruits colorés

La seconde étape est la mise en place de bruits colorés sur mesure adaptés grâce aux résultats de l’acouphénométrie HD.

Un des objectifs du générateur de bruit coloré est de détourner l’attention du cerveau vers un signal connu non menaçant et/ou d’inhiber l’acouphène.

Cette prise en charge de l’acouphène doit être faite de manière bilatérale. En effet la plupart du temps, l’acouphène se latéralise sur l’oreille controlatérale s’il n’est pris en charge que d’un côté.

L’acouphène est un signal aberrant dont le patient n’a pas la maitrise, alors que le bruit coloré ajusté par l’audioprothésiste en fonction des résultats de l’acouphénométrie HD est un signal toléré dont le patient a la maitrise. Il peut le diminuer, l’augmenter, le retirer.

Par ailleurs, pour être efficace ce bruit coloré ne peut être ajusté qu’après réalisation d’une acouphénométrie Haute Définition.

Principe de base

La psychoacoustique nous apprend que les sons peuvent interagir entre eux. Un son peut en « masquer » un autre. Les règles générales de ce « masquage » sont les suivantes : un son grave « masque » un son aigu, un son peut être « masqué » par un autre son proche en fréquence (Paul Avan).

En considérant l'acouphène comme un son et en transposant ces règles de psychoacoustique, des chercheurs ont constaté qu'un son de fréquence proche de l'acouphène pouvait interagir avec ce dernier (peut-être en raison d'un élargissement de la sélectivité fréquentielle dans cette zone (Cazals et al 1990).

De même, de par les mécanismes de l'acouphène, une stimulation chronique par un signal de spectre identique à la perte auditive permettrait de compenser la diminution de l'activité spontanée des neurones (Norena et Micheyl 1999).

Cette stimulation permettrait également de monopoliser l'attention auditive sur le bruit coloré, afin qu'elle ne puisse plus se faire sur l'acouphène. Cela permettrait de retrouver un processus normal de diminution de la réponse aux bruits continus répétés (dont l'acouphène) réalisé par les filtres sous corticaux.

Les différents types de bruits colorés

Les bruits colorés sont des bruits de larges bandes, neutres et continus. Ce sont des signaux aléatoires à propriétés statiques caractéristiques. Il en existe plusieurs standardisés, que l'on différencie en fonction de leur densité spectrale de puissance. Ils ont été créés à partir de bruits blancs (bruit possédant le même niveau sonore par bandes de fréquences à largeurs égales) auxquels on applique un filtre spectral.

Il existe le bruit rose, bruit possédant le même niveau sonore par bandes d'octave, le bruit rouge ayant une puissance sonore qui décroit de 6dB par octave, le bruit bleu ayant une puissance sonore qui augmente de 3 dB par octave, le bruit gris qui est un bruit rose soumis à une courbe de sonie, le bruit violet ayant une puissance sonore qui augmente de 6 dB par octave.

Ces bruits doivent impérativement être calibrés en fonction des seuils auditifs précis du patient atteint d'acouphènes. Pour cela, une acouphénométrie haute définition (au 1/48 ème d'octave ou au Hertz près) devra être réalisée préalablement.

D’autres bruits ont montré une très bonne efficacité : ce sont les bruits centrés sur la bande de fréquence de l'acouphène, ou inversement, des bruits encochés sur la fréquence de l'acouphène. D'où l'importance de réaliser une acouphénométrie HD par un audioprothésiste expérimenté et de permettre au patient de tester plusieurs types de bruits afin d’observer leur efficacité.

La prise en charge du patient acouphénique se fait au sein d’une équipe pluridisciplinaire dont le médecin ORL est le chef d’orchestre. La méthode « Lefeuvre » par la réalisation d’une audiométrie HD apporte d’excellents résultats (plus de 80 % de patients satisfaits) même dans le cas où le patient a une audition dite « normale ». Une prise en charge audioprothétique permettra de traiter l’acouphène, grâce à la correction de la perte auditive, même très faible, et par l’utilisation de bruits colorés sur-mesure.
Acouphènes © 2019 - Mentions légales